Malteurs Échos – Un exemple de Malterie Artisanale Coopérative Bio

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Nous évoquions il y a quelques semaines la micro-révolution vécue par l’industrie du malt en France. Dominé par les grands groupes, le marché hexagonal connaît depuis peu l’essor de micro malteurs débordant d’énergie et de créativité. Coup de projecteur sur la coopérative Malteurs Échos, située Beauchastel (Ardèche), en ce jour.

Une coopérative au service d’objectifs bien précis

À l’origine étranger au monde du malt et de l’agriculture, Marie Bourdon, Guillaume Bourdon et Baptiste François basculent dans cet univers suite à de nombreuses rencontres avec des brasseurs locaux. À « l’époque » le constat est simple : malgré leur souhait de s’approvisionner au niveau local, les brasseurs doivent s’approvisionner en Allemagne pour leur malt. Nos trois acolytes se lancent alors dans une enquête qui les mènera à la conclusion suivante : « on veut bien démarrer une activité de maltage mais on a besoin d’un engagement au niveau des agriculteurs, coopératives agricoles, brasseurs et consommateurs. » L’idée d’une coopérative était née.

“Malgré leur souhait de s’approvisionner au niveau local, les brasseurs devaient s’approvisionner en Allemagne.”

Ce besoin de jouer « collectif » était à la fois nécessaire à la levée de capitaux mais aussi à la rapide mise en route du projet. La malterie voit le jour en automne 2013 et suit 4 objectifs :

1. Faire du malt artisanal bio (« de qualité » comme aime à préciser B. François).

2. Animer la filière brassicole via l’organisation de rencontres entre ses différents acteurs. Le but est de faciliter l’intéraction et créer des synergies (cf « journées locales »).

3. Être solidaire à travers l’accompagnement de personnes vers l’emploi (contrats d’insertion), la transparence sur les coûts/prix de la malterie, et l’instauration d’un climat propice au développement durable (signature de contrat sur 2/3 ans au niveau local avec les agriculteurs = stabilité + vision à moyen terme pour l’ensemble de la filière !).

4. Communiquer auprès du grand public et des acteurs de la filière pour mieux accompagner le développement d’initiatives similaires.

4 ans plus tard, force est de constater que la coopérative est en passe de réussir son pari. Elle compte à ce jour 140 sociétaires, 75 brasseurs professionnels/distilleries client(e)s et distribue dans 6 régions.

Orge et Whisky

Les variétés d’hiver (de préférence « précoces ») sont particulièrement appréciées en raison de leur taux de protéine inférieur au référentiel industriel. En effet, moins de protéines signifie plus d’amidon… Et d’intérêt pour les distillateurs !

“On souhaite affiner la sélection de malt destinée aux distillateurs.”

Le malt actuellement sélectionné par les distilleries figure parmi la gamme habituelle. Avec le recul (d’ici 2 à 3 ans), la coopérative sera capable de proposer des variétés encore plus adaptées à la confection de whisky avec personnalisation des lots à la clé.

Force et faiblesses d’une malterie artisanale

Forces Faiblesses
  • Produire en BIO!
  • Expression d’un TERROIR : travail sur parcelles de taille réduite (impossible dans l’agriculture conventionnelle).
  • Capacité de réponse au besoin des micro-brasseurs/distillateurs (faible tonnage).
  • Maltage sur aire (meilleur contrôle du séchage).
  • Flexibilité dans la méthode de production. Adaptation rapide aux besoins des clients.
  • Acteur du développement durable.
  • Peu d’orge à fournir au printemps car cela demande un approvisionnement hors région (Bourgogne).
  • Coût : le prix à la tonne (malt bio) est 30% plus cher que celui de l’industrie conventionnel.
  • Rentabilité (le coût de la matière 1ère représente 45% du produit fini + la production d’un lot dure 10 jours; cette même production doit être continue pour produire un lot/jour).
  • Charge de travail : petite équipe pour beaucoup de travail.

Le mot de la fin

C’est à travers l’établissement de coopératives comme Malteurs Échos que la malterie artisanale Française confirme sa renaissance. Le remarquable travail effectué par ces hommes mérite d’être souligné tant leur engagement sur le terrain est total. Travailler 7j/7 devient une norme face à la masse de travail demandée. Cette intensité nous ramène au caractère profondément rural de cette activité où l’homme, suivant le rythme de la nature, ne s’octroie que de rares jours de repos. Serait-ce le prix de l’excellence ? Il semblerait que oui, surtout lorsqu’on y ajoute une dimension bio et sociétale. Le nombre de malteries artisanales progresse dans le sillon tracé par des pionniers tels que Malteurs Échos, Malt Fabrique (Bretagne) et la Malterie du Vieux Silo (Tarn). Il revient à présent au Whisky Français d’honorer cet « héritage » en le magnifiant. C’est à travers la production de whiskies uniques (de part leur mode de fabrication et profil organoleptique), que la filière affirmera sa différence. La pérennité du système en dépend.

Merci à Baptiste François de nous avoir accordé cet entretien.

Nous vous invitons dès à présent à visiter la page officielle Malteurs Échos pour en savoir plus: https://www.malteurs-echos.fr/page/accueil