Rouget de Lisle redémarre et entame un troisième chapitre de son histoire

L’illustre distillerie jurassienne ayant cédé son outil de distillation en 2024 au chai saint Eloi,  on pouvait penser que l’aventure était terminée pour Rouget de Lisle. Mais c’était sans compter sur son infatigable directeur, l’inénarrable Bruno Mangin, qui a finalement décidé de rempiler !

L’une des distillerie pionnière du whisky Français, fondé en 2003 a une époque ou l’hexagone comptait à peine une dizaine de producteur, entame donc un nouveau chapitre de son histoire avec une nouvelle colonne de distillation, de plus petite taille, qui succède  à l’ancien alambic. Avec ce nouvelle outil, la distillerie garde la distillation continue et conserve le barbotage, un mécanisme qui permet à ces outils de proposer un distillat particulièrement aromatique.

Rappelons le : dans une colonne de type armagnacaise, les vapeurs croisent le wash dans la colonne de distillation et se chargent en arômes. Le réglage de la colonne permet d’obtenir un degré de coulage autour de 72 %, et un distillat dont la concentration en esters flirte avec celle de ceux issus de pot still. (voir : L’alambic Armagnacais de Northmaen )

Ainsi donc, la distillerie de Bletterans entame le troisième cycle de son histoire ! De 2003 à 2009, Bruno Mangin avait noué un partenariat avec une petite brûlerie jurassienne pour distiller sur un alambic Blavier particulièrement singulier et mis à l’honneur notamment par deux embouteillages de la gamme Version Française. Puis, de 2010 à 2024, ce sont les distillats issus d’une colonne AM15 de la SOFAC qui ont pris le relais. Désormais, c’est une colonne Gazagne qui aura la charge de produire un distillat qui sera, une fois encore, entonné dans des barriques locales : Macvin, vin de paille et vin jaune !

Et comme pour célébrer ce nouveau chapitre, la distillerie vient de lancer un nouvel embouteillage d’exception : un BM 19 ans intégralement élevé en fût de Macvin.

Nez : Des fruits secs (raisin, datte, figue) se mêlent à des notes de noix caramélisées. Une touche florale apparaît (pot pourri), suivie de notes de pêche de vigne puis de frangipane précède des accents de noix de kola et d’épices et de miel.

Bouche : La texture est ample et la bouche très fruitée, avec des accents d’agrumes confits (orange sanguine) et d’abricot suivi de notes de fruits des bois (mûre et fraise des bois.) et accompagné d’un élégant rancio (cuir, noix, curry)

Finale : Etonnante, avec de franche notes de groseille puis la finale s’étire en longueur et laisse place à du cacao en poudre. En rétro-olfaction, une pointe de curcuma prolonge agréablement la dégustation.

 
Le retour de cette distillerie historique signe la continuité d’un engagement pris par Bruno Mangin il y a plus de vingt ans : celui de développer et de préserver, coûte que coûte, une identité aromatique profondément jurassienne et, il faut le dire, sacrément efficace !